Sens-tu mon coeur battre ?
Dis, tu le sens ?
Non, non car les tremblements ont remplacé les battements...
Pose ton oreille sur ma poitrine,
Entends-tu mon coeur battre ?
Dis, tu l'entends ?
Non, non car il s'est essoufflé, désespérant d'espérer...
Tu voulais pouvoir lire en lui
Alors regarde,
Je te le sors,
Je te le sers sur un plateau,
Dis, tu le vois ?
Vois-tu ses plaies,
Ses ecchymoses qui le meurtrissent ?
Vois-tu ses blessures qui l'ont cassé,
Ses entailles qui le défigurent
Le vidant lentement de son sang ?
Le vois-tu pâlir et se refroidir
Comme il se vide de son sérum et de son souffle vital ?
Tu as voulu le saisir entre tes mains,
Arrêter l'hémorragie,
Et maintenant regarde,
Regarde ce sang qui te coule entre les doigts
Maculant ton être, peinant ton coeur...
Alors,
Penses-tu que je puisse t'offrir ce coeur ?
Non, non vraiment ce ne serait pas un cadeau,
Alors Adieu mon coeur,
Je ne t'offrirai pas mon coeur,
Tu es bien trop vivant pour cela.
J'opérerai seule une autopsie de ce coeur exsangue
Sous peine d'altérations irréparables...
